La bioethique pour tous.

 

Introduction

 

Le contrat social que chacun d’entre nous porte en lui  exige une conscience claire de la bioéthique ;

Les principes de bioéthique (vrais ou déviés) se concrétisent en lois concrètes modifiant nos sociétés. Il est impossible d’échapper à ce contrat. Constamment interpellés par sondages, referendum ou consultations électorales, nous soutenons ou manifestons notre désapprobation non seulement contre des schémas économiques, mais également l’ensemble des valeurs de la vie quotidienne.

Le magistère de l’Eglise catholique affirme cette position par divers documents dont essentiellement la « Encíclica Evangelium Vitae».

Elle nous permet de valoriser l’influence de la recherche de la vérité sur la dignité de la vie humaine, le « pourquoi » de cette dignité, et ce qui se passe si nous n’arrivons pas à conceptualiser la personne humaine dans un cadre anthropologique approprié.

L’Encíclica Evangelium Vitae nous permet d’analyser le danger majeur dans lequel la pensée humaine peut tomber c’est à dire le détournement de l’exercice de la liberté et l’aveuglement de l’intelligence. Ce n’est pas qu’un collapsus moral. Au sein de celui–ci, se distingue le mal de la liberté mais aussi la tentative du mal de se justifier avec l’intelligence.

 

La différence entre nous placer par notre liberté, dans la vérité de la dépendance au don de la vie ou de livrer notre liberté et notre conscience au mensonge de la domination, puis à l’affirmation de l’auto-possession de la vie et de l’être humain, s’appelle justement la culture de la mort.

Ce serait presque imaginaire de penser à une telle erreur. Comment imaginer un voyage au sein de la conscience, où quelque chose se passe :  au lieu d‘être la lumière qui illumine mes actes, je rencontre des abîmes insondables entre la vérité et la capacité de ma raison à trouver ce que je désirai comme unique source de force qui permet de trouver le sens ultime de l’existence.

Conscience et vérité.

 

Il est impossible d’être libre sil n’existe pas un lien réel avec l’être car, « l’exercice de la liberté requiert la connaissance de la vérité » (Evangelium Vitae 19, 4).

La conscience est une ouverture spéciale de la personne à la vérité, car cela conserve une relation structurelle avec les facultés cognitives; cela signifie intérioriser la vérité et sa propre approche. Sa sainteté Jean Paul II dans le message cité à la journée mondiale de la paix en 1991, explique que la conscience « dans sa nature propre implique une relation avec la vérité objective et universelle ».

Par  cette référence à la vérité, la conscience propose à  l’Homme une réponse sur ce qu’il est, et sur l’humanité :  Il appartient à la vérité.

De cette évidence émergeent  un droit et un devoir. Cela consiste en ce que l’homme dans son état essentiel doit être témoin de la vérité, la conscience le lui impose ;  le droit est la liberté de la conscience même, qui est la liberté de la propre personne à chercher  la  vérité et y adhérer quand elle est maîtrisée.

Saint Thomas expliquait  que la volonté surgit et vit dans la raison, sagesse dans laquelle se retrouve l’essence de la liberté offrant à l’être la possibilité entre le bien et le mal.

« la relation entre la raison et la liberté doit s’extraire de l’intellect comme étant l’état premier ».

En niant  la relation entre  la liberté et l’intelligence, la liberté se perd et l’être humain  n’agit que de façon émotive. Perdant ainsi la personnalisation des émotions.

 

Ce qui caractérise l’homme, c’est son indépendance relative par rapport aux  autres, et ce, quelques soient les circonstances de ses moyens.

L’homme est capable de créer ses propres stimulis, de planifier des projets et les suivre, malgré les difficultés rencontrées.

C’est pour cela que son comportement est plus une proposition qu’une réponse à une situation qui le conduit à la finalité de sa vie et à compléter ce qu’il est.

De ce fait, tant que la personne ignore la finalité de sa vie, elle ne peut difficilement orienter ses actes de telles sortes qu’ils soient authentiquement libres et  qu’ils aboutissent à son but.

« l’homme est libre –dit le Pape-, car il a la capacité de connaître la vérité, et en même temps il réussit à être libre selon qu’il se laisse guider par la vérité de  ses décisions, de ses options et de tous ses agissements ,  quand il se laisse guider par la vérité dans sa relation avec le bien ».

La liberté est un acte volontaire par lequel la personne choisit le bien ; mais intrinsèquement cela présuppose la vérité a propos du bien et par conséquent de toute la connaissance,  et particulièrement la conscience où la personne intériorise sa relation avec la vérité, et expérimente le bien et le mal.

Le pape ajoute : « ici nous nous approchons du secret suprême de l’homme qui est la conscience ».

Par cette  référence à la vérité à propos du bien comme postulat de la liberté, la conscience garantie des attitudes vitales, de convictions conscientes et peut mettre l’être dans le monde et devant les autres avec sa responsabilité entre ses mains. Pas seulement le jugement des autres mais devant le jugement définitif de son propre destin.

C’est dans le « locus interieur » de la conscience où l’homme expérimente l’unité de son chemin avec le chemin du Christ et se retrouve avec lui face à face. On pourrait dire que dans cela Dieu « inscrit sa parole transcendante de vérité dans l’essence de l’existence humaine qui change constamment ». Discours du Pape à Czestochowa n°4 – 15 août 1991.

Justement pour toutes ces caractéristiques du lien entre la conscience et la vérité ; et parce que la conscience est le moyen par lequel découvrir et interpréter la loi naturelle, elle est nécessaire pour former notre propre conscience. Pour cela la bioéthique, dans le champ d’analyse des situations en rapport avec la vie, est la science qui guidera la conscience, lui offrant la connaissance des faits scientifiques, juridiques, antrhropologqiques et éthiques.

Si le lien entre la vérité et la conscience est rompu, l’homme perd sa liberté, l’exerçant de façon erronée comme lorsqu’on choisit librement le pêché, ou la personne juge bien par elle même ce qui est mal en le choisissant.

L’homme ne rompt pas sa relation avec la raison et par conséquent sa raison est complètement libre. De telle sorte que cette rupture entre la liberté et la connaissance de la vérité a une signification plus profonde et plus dangereuse que pêcher car l’affirmation que la liberté soit exclusivement une autodétermination, et qu’elle soit un début absolu, détaché de tout acte précédent. Cela serait prétendre que la liberté humaine n’est liée à rien de prévu et par conséquent elle serait un acte constitutif et créateur du sujet spirituel, de la propre personne.

La conscience requiert de l’intelligence. Mais nous ne devons pas nous étonner ou nous effrayer par la fragilité de notre intelligence. Rappelons que l’être humain est formé invisiblement de matière et d’esprit.

La matière est le corps où résident les facultés intellectuelles. Mais une des caractéristiques de la matière, du physique est le fait d’être limité, c’est à dire pouvoir être mesurable. Certes l’intelligence humaine est limitée. En conséquence, même si le jugement éthique des actions se réalise avec son aide, ce n’est pas l’unique point de référence. Malgré cela, le fondement doit précéder l’acte libre.

 

C’est la conscience qui donne en plus, témoignage à l’homme de son équilibre ou de sa maladie, de son existence éparpillée et remplie de méchanceté. Elle manifeste la culpabilité dans sa subjectivité et lui demande la conversion. C’est la conscience qui le prédispose au pardon, à la miséricorde, avec laquelle se manifeste de la même manière la dignité humaine.

«  ….. la conscience, unité intime de l’être et de l’action d’une personne humaine, est un attribut qui signifie l’intériorisation de son propre « je » , de son identité et se reflète expérimentalement pour la personne l’action avec laquelle elle se perçoit comme existante » Karol Wojtyla, “Personne et Acte »

cela se passe dans l’horizon du concret de son individualité tangible, dans la conscience, la personne a l’expérience intime de sa structure anthologique et déontologique, éthique dans la mesure où son être et son action sont représentés là avec la signification existentielle et concrète attribuée dans son unité.

 

Conséquence de l’obscurantisme de la conscience

 

En approfondissant dans la structure de l’être humain et dans le sens de son devenir existentiel, dans la relation avec les grandes valeurs et dans l’ouverture à Dieu, la conscience est la clé pour l’interprétation de la culture, pour l’orienter dans le vrai développement au service de l’homme et en se nourrissant  d’elle. «  le développement de l’être humain et de la croissance de la société même sont intimement  liés » (GS-25, 1)

Il est possible d’affirmer aujourd’hui plus que jamais en tenant compte de l’état de la culture contemporaine que c’est la conscience, dans sa formation, sa croissance et son rôle que l’homme joue son destin et sa propre culture. (redemptoris missio).

Parce que à ce principe, qui en quelques sortes  exprime l’identité existentielle plus profonde de l’homme, est arrivé un obscurantisme terrible à tel point qu’aujourd’hui nous pouvons parler de « perte de la conscience »,  d’une crise fatale de lucidité, avec laquelle l’homme moderne n’est plus capable de se rendre compte de  ce que lui même est réellement lui ; c’est à dire, qu’il a perdu la capacité de s’admirer, de sa propre réalité existante car il a décidé de fermer les yeux à la présence de Dieu.

Evidemment, telle situation ontologique, amène à la perte du sens de la propre vie et de la liberté avec laquelle l’action se déroule dans une usine destructrice de l’interdit de toute valeur, sans aucune base objective de vérité ni du bien, soumise aux caprices sentimentaux ou à la mode imposée avec des buts mondains, uniquement pour satisfaire toute la concupiscence possible. Mais encore, on essaie d’imposer à l’Etat par sa loi civile, d’obliger à faire à l’homme ce qui lui plait ou ce qui est utile à cette forme de vie hédoniste. Cela est contraire à l’acte par lequel, la personne s’affirme à soit même et établit relation avec les autres en étant le don de soit même à l’autre. Le service à la personne n’est possible que si tu ne sais pas qui est la personne, quels sont ses biens qui réalisent la plénitude de son être. L’amour est la force qui réalise la vérité de la personne, qui exécute la vérité. (Ef. 4, 15).

C’est la corruption intérieure de la subjectivité, l’autre évènement qui a donné origine à la culture de la mort. (EV, 19,1 ; 20,1).

Quand se casse la tension bipôlaire qui les constitue, la subjectivité se déforme, : soit en échappant de la subsistance, soit de la substantialité de la personne.

Ces évènements ont été possibles par la négation du désir humain à la béatitude, et par l’éclipse de la conscience morale.

Nier la recherche de l’homme vers l’infini, vers la totalité, la perfection et le bien absolu censurant la question religieuse de s’interroger sur l’intérieur de l’être en cataloguant la question sur la vérité aux régions limitées de l’être, assombrissant le sens de Dieu et de l’homme (Ev, 21 et 22, 1) amène obligatoirement à une vision utilitariste et hédoniste de la vie humaine, car s’il n’existe pas la transcendance, il n’existe aucun bien qui ne soit pas réductible à ce qui est utile ou pratique, car par ce postulat, Dieu n’existe pas.

Plus profonde que la connaissance de Dieu, est la perception qu’à l’intérieur de l’homme vit un mystère qui le transcende ((Ev, 22, 1) et qui le rend réalité digne de vénération.

L’éclipse de la conscience morale (Ev 24) consiste en ne pas voir la distinction entre le bien et le mal, le juste et l’injuste, (cela prétend rationaliser et faire valoir, par le droit civil tout type d’actions, évidemment contraire à la nature ontologique de la personne), en confondant ou en réduisant à l’utile le plaisant, le pratique… cela consiste à confondre un mensonge naturalistique pour se considérer plaisant et en étant un courant philosophique influent dans la « biojuridique » et la bioéthique. Tous les théologiens médiévaux comparaient la conscience avec l’essence de l’esprit et l’appelaient grace divine.

Si la conscience morale s’éclipse, la personne s’aveugle et se viole un espace original dans lequel Dieu débute la révélation de son propre être, et donc l’Homme reste seul.

Le dégoût de la vie, le refuge dans son relativisme commode et meurtrier, dans le flou de la dignité, quand il n’est plus capable de répondre au sens ultime de ses propres œuvres, avoir tant d’idole et l’auto-complaisance de réussite de la raison scientifique et technique rendent extrêmement difficile voire impossible le réveil de la conscience.

La culture comme reflet de l’intérêt intellectuel qui prédomine et du comportement humain qui de celui-ci s’écoule, est orienté au moment actuel au développement de la science expérimentale et à ses applications techniques, à l’efficience financière et productive, à la rationalisation fonctionnelle et à la suprématie de la vie sociale urbaine, dans laquelle sont encouragées les études positivistes qui ont une application pratique immédiate fixant la thématique humaniste et les connaissances profondes de l’homme en dehors du contexte culturel général.

Si bien que la culture actuelle est orientée au savoir pragmatique, à la signification de cette praxis scientifique et technologique qui s’approprie et impacte directement l’homme intimement à une urgence pour comprendre en profondeur l’être humain, pour répondre aux envies les plus intimes de son cœur d’une façon nouvelle et véridique. Ici, on peut citer la notion et le sens de la conscience humaine, la clarification et la formation d’elle-même. Dans cette formation entre en jeu la méthodologie qu’apporte la bioéthique.

 

Aujourd’hui, sans vouloir nier les bénéfices des avancées scientifiques, l’homme actuellement profite peu de ces satisfactions. Il se trouve complètement dépendant  d’une complexe technologie qui lui échappe au moins dans sa totalité, et en réalité, il se trouve dans une position désavantageuse face à la technique, qui progresse continuellement par un processus ininterrompu d’accumulation du savoir parce qu’il ne le domine pas. Il suffit de voir les catastrophes écologiques pour comprendre que nous sommes loin de pouvoir dominer la terre,  comme cela nous a été indiqué par Dieu dans la Génèse.  C’est ainsi que la technique en prétendant  rendre la vie plus simple, peut arriver à opposer et nous rendre esclave.

Parler ici de méthode contraceptive, de la recherche génétique, de la procréation assistée, du clonage, de l’euthanasie et des méthodes sophistiquée pour provoquer la mort ou sélectionner la qualité de vie, n’est qu’un exemple parmi d’autres à propos de cela.

Parce qu’en réalité, la culture de la mort est une culture de l’irréel et par conséquent du mensonge.

 

Approche psychodynamique.

 

Rappelons brièvement que beaucoup de pathologies mentales trouvent leur origine dans une perception erronée de la réalité. Et d’une façon extrêmement simpliste, nous pouvons dire que plus la personne se trouve loin de la réalité et vit dans un rêve, plus sévère est la pathologie.

Qu’arrive-t-il dans la culture de la mort pour que bien qu’ayant l’évidence scientifique et anthologique des faits, il semble que nous choisissons en connaissance de cause le mensonge ? Ainsi par exemple, dans le thème du statut humain de l’embryon, certains tiennent l’évidence scientifique du début de la vie mais ne peuvent pas reconnaître en lui,  une personne. Curieusement, nous pouvons même observer que certains pratiquent les techniques de procréation assistée et ont une difficulté particulière à découvrir, accueillir et accepter la personne avec laquelle ils prétendent réaliser une réussite clinique.

Ayant expliqué le phénomène spirituel et cognitif par le processus de jouissance de notre raison et de notre liberté, dans l’analyse de la réalité sur notre comportement, analysons le processus émotionnel.

Du  point de vue des sciences médicales, la psychiatrie peut apporter quelques explications à ses causes qui nous amènent à la jouissance de la raison. Pour cette explication, je prendrai deux modèles : la théorie du narcissisme et celle de l’éros et du thanatos.

Dans le développement émotionnel normal, l’enfant de 6 à 8 mois, se rend compte que ce ne sont pas ses désirs qui sont la cause de satisfaction, mais il s’aperçoit que les choses arrivent indépendamment de sa volonté, et il acquiert pour la première fois le principe de réalité, et par conséquent, au cours de multiples expériences, il finira par mûrir et se consolider.

Ne pas arriver à cela, conduit à une approximation narcissique de la réalité, où d’un coté la personne prétend créer les situations (la liberté ou la morale), et peut faire d’elles ce q’elle souhaite. Il est impossible, ou tout au moins très difficile de réfléchir sur le sens ultime de la vie. Le narcissiste, agit en exerçant un pouvoir avec un faux sens de l’omnipotence. Malgré cela, c’est une personne extrêmement faible car elle ne peut jamais être ré alimentée par l’évidence de la réalité.

Depuis 1908 Freud, a observé que chez les patients schizophrènes (démence précoce), la libido se retournait contre eux-même créant ainsi des illusions mégalomaniaque. Leur libido se reflétait dans la grandeur et l’omnipotence. Mais Freud avait observé que le narcissisme ne se concrétisait pas uniquement chez les schizophrènes, mais également chez les névrotiques ou les personnes normales sous un panel de conditions spéciales.

Le narcissisme consiste à élire « l’objet amoureux » vers soi-même et fait allusion au mythe classique de Narcisse, qui tombant amoureux de sa propre image reflétée dans l’eau s’est noyé en essayant de s’embrasser.

Le degré excessif de référence à soi-même dans l’interaction avec les autres, empêche le narcissique à découvrir l’autre, et par conséquent le chérir et l’aimer.

La jalousie, est une forte caractéristique du caractère narcissique. Ses relations avec d’autres personnes sont celles de l’exploitation et de la manipulation. Ils ont le sentiment d’avoir le droit de contrôler et posséder les autres, de les exploiter sans aucun sentiment coupable. Bien qu’ils présentent une façade d’enchantement et de compromis. Ils ont tendance à idéaliser ceux de qui ils espèrent des récompenses narcissiques tandis qu’ils méprisent et rejettent tous ceux qui ne peuvent leur apporter de telles satisfactions.

Bien que j’ai décrit les traits essentiels de la plus bénigne représentation de cette pathologie, je ne prétends pas dire que la culture de la mort soit portée par des promoteurs souffrant de cette pathologie.

En réalité, nous pouvons tous avoir cette conduite. La psychiatrie l’explique avec ce modèle.

 

Concept d’Eros et Thanatos.

 

Je parlerai brièvement de ce deuxième schéma psycho analytique pour expliquer notre choix pour ce qui nous fait mal au de lire ce qui nous mène en avant.

Pour Freud qui a introduit ce modèle, cette dualité instinctive, est toujours présente et réalise un équilibre dans la santé émotionnelle. Freud prétendait que l’instinct de la mort était la tendance de tous les organismes à retourner à un état de totale quiétude, c’est à dire un état inanimé.

En opposition à cet instinct, se trouve l’instinct vital : éros, qui fait référence à la tendance des particules organiques à se réunir pour former de grandes unités comme cela se passe dans la reproduction sexuelle et ce concept biologique abstrait sont représentés par les pulsions amoureuses et agressives qui s’équilibrent.

Il est important de se rendre compte que si nous cédons devant nos nécessités narcissiques effectivement , il ne se crée aucun mouvement d’objet, car toute l’attention est dirigée à soi-même. De ce point de vue, logiquement, il se fini par élire tout ce qui n’est pas créatif, tout ce qui ne nous mobilise pas, ce qui se ressemble à la mort.

Si nous tenons compte que l’adéquation de l’intellectuel aux choses est la vérité, comme l’explique Saint-Thomas, nous comprendrons l’importance qu’a le narcissisme même dans sa manifestation la plus légère. Car il devrait être évident que le chemin appauvri de notre auto-exaltation nous conduit à notre propre mort.

Ainsi, même si nous prenons en compte la dimension émotionnelle, comment allons-nous obtenir la sécurité en nous même, qui ne s’obtient qu’en atteignant nos buts et par une don intègre. Il est logique alors que nous tombions dans la jalousie. Et par elle entre la mort dans le monde. (Ev) pour cela il est indispensable de sortir de la léthargie notre conscience pour qu’elle nous amène vers le choix correct du bien.

La conscience n’est pas seulement qu’un mécanisme de déduction et d’application, ni l’unique et suprême pouvoir normatif, car il ne crée pas une norme mais la découvre dans l’ordre moral de la personne. L’auto décision, comme l’auto dépendance de l’acte de la personne est une condition nécessaire de la moralité humaine mais non suffisante. La condition unique vient de la conscience qui voit la vérité de l’homme sur sa relation avec les autres, avec Dieu, et surtout, à la capacité éthique de connaître la vérité sur les valeurs, la liberté ou la décision se manifestant indépendamment de la vérité sur le bien.

La famille est un sanctuaire naturel pour défendre la vie humaine et la liberté. Depuis toujours, le pouvoir politique, économique, etc … a la perverse tentation d’influencer le mode de pensée des gens et si possible de les manipuler. Les moyens dont ils disposent sont chaque jours plus efficace. Mais le pouvoir rencontre quelques obstacles dans son but « domesticateur » : le premier est précisément la famille. Quand une famille réussie sa mission, transmet des convictions et des valeurs, éduque les vertus, apprend à réfléchir, à lutter, à aimer et a traiter Dieu, se transforme en une graine radioactive d’amour qui transforme le monde. C’est pourquoi il existe autant d’intérêt à la détruire, parce qu’il n’y a plus de possibilité de manipulation que quand la personne se trouve immergée dans une mer de confusion. Dans ce monde laïque, hédonique avec une raison obscure, notre témoignage est fondamental. Pour que la civilisation de l’amour triomphe, notre exemple est indispensable. La civilisation de l’amour est caractérisée par le don de soi sincère et entier.

Aimer est accueillir  pas sélectionner ; servir pas profiter, respecter, pas manipuler, promouvoir pas dominer.

La bioéthique personnaliste protège la personne de sa conception jusqu’à sa mort naturelle et peut s’appuyer sur l’anthropologie qui voit la personne humaine comme une finalité transcendante et aide à promouvoir une vie plus libre et consciente.