Pascal de Roubaix
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COURRIER DE LA BOURSE TRIBUNE LIBRE
A l’attention de Madame Noval.
Prétexte
pour une loi de mal commun.
L’air du temps devient décidément
irrespirable. Il ne supporte plus le moindre obstacle, au point de modifier, au
gré de sa fantaisie, la réalité ainsi que les mots qui la décrivent.
Cette semaine vit sa triste victoire au
sujet de ces homosexuels qui, envers et contre la simple réalité biologique,
prétendent vouloir se marier. Je suis désolé pour eux mais, quoi qu’en dise
l’extrême gauche écolo, complice pour l’occasion de quelques libéraux égarés
par leurs vieilles rancœurs anti-catholiques, et du très médiatique président
socialiste particulièrement motivé sur le sujet comme chacun sait, c’est
impossible.
Le mariage consacre solennellement l’union
d’un homme et d’une femme qui assurent, par cet engagement sans réserve, la
pérennité de la société. Avant d’être une institution, le mariage est une
réalité qui est hétérosexuelle dans son essence même. La loi aura beau
dire : «carpe je te baptise lapin», les carpes ne seront jamais des
lapins. Elle aura beau dire :
"Le mariage est homosexuel», jamais des homosexuels ne
pourront être mari et femme.
Mais ce n’est pas cette incohérence absurde
qui va arrêter les zélotes du politiquement correct.
Ce que ces gens là cherchent ce n’est pas
tellement de faire plaisir aux malheureux handicapés sexuels qui méritent la
compréhension ou au moins la compassion de chacun. Ce qu’ils veulent, ici comme
ailleurs, c’est utiliser le prétexte des revendications de certains homosexuels
(probablement minoritaires dans leurs propres populations) pour détruire encore
un peu plus l’institution du mariage et, à travers elle, saper les bases
institutionnelles sur lesquelles se fonde la famille.
Ils savent très bien qu’une loi qui offre
le mariage aux homosexuels est un non-sens. Ils savent très bien que la loi
n’est pas en mesure d’offrir ce qui n’appartient pas à sa sphère, ce qui n’est
pas un objet de pouvoir. Par contre l’institution, elle, est à leur portée. La
manière dont la société accueille l’engagement des époux, les démarches qu’elle
organise, les gestes que posent ses officiers, la magistrature dont ils sont
investis, tout l’ordonnancement social qui solennise, conforte et soutient le
mariage, tout cela est du domaine de la loi. C’est donc à tout cela qu’ils
s’attaquent avec une sorte de jubilation irresponsable particulièrement pénible
à supporter pour ceux qui essayent, envers et contre tout, de garder un peu de
sens commun.
La loi qu’ils viennent de voter n’accorde
évidemment pas le mariage impossible aux homosexuels, par contre elle galvaude
volontairement l’institution du mariage. Elle met volontairement au service
d’une comédie, assez pathétique pour ceux qui en seront les marionnettes,
l’arsenal institutionnel qui entoure la naissance de la cellule de base de
notre société, la cellule familiale.
Je reconnais que le militantisme des
groupes homosexuels me semble souvent parfaitement déplacé, d'extrêmement
mauvais goût et très peu justifié. Je ne crois pas qu’il soit bon pour la
société de considérer l’homosexualité comme une option de vie en tout point
aussi valable qu’une autre.
Je crois que nous avons tout intérêt à
maintenir une discrétion de bon aloi sur la réalité de l’homosexualité. Elle
constitue une tendance universelle, plus ou moins forte à un moment du
développement sexuel et affectif de l’enfant. Je crois qu’il vaut mieux éviter
au plus grand nombre d’y tomber. Pour cela il est indispensable que la société
conserve une certaine distance, à la fois critique vis-à-vis du principe et
correcte vis-à-vis de ceux qui n’ont pas eu le choix.
Ce n’est certainement pas parce qu’une
petite minorité ne peut que reconnaître
courageusement son état, qu’il faille la brimer. Mais ce n’est pas elle pour
autant, qui a le droit de modeler notre société comme bon lui semble et de
dicter au monde son échelle de valeurs.
Mais je voudrais répéter aux homosexuels
que ce n’est pas pour leurs beaux yeux que la particratie leur a accordé cette
victoire. Si cette loi instaure la comédie d’un mariage antinaturel, c’est
parce qu’elle y a trouvé prétexte pour nuire à quelque chose de bien plus
essentiel. Le néomatérialisme au pouvoir veut détruire la famille et dans ce
combat-là, les homosexuels sont des alliés objectifs qui l’aident à promulguer
ses lois de destruction.
Pascal de Roubaix *
Le 3 février 2003
* Pascal de Roubaix dirige l’Alliance: www.a-be.org